

Forum, Table ronde
CULTIVER DES FUTURS FÉMINISTES DÉSIRABLES Myriam Bahaffou, Vanessa Cojocaru, Sarah Gamrani, Inès El-Shikh
mer 18.11.26
19h
Comment continuer à se projeter lorsque les crises écologiques, sociales et politiques semblent épuiser nos imaginaires et nos forces d’agir? Comment désirer le vivant, faire de la beauté, du mouvement, de la sensualité et de la joie des forces de résistance? Quelles pratiques et solidarités peuvent nous aider à cultiver des futurs féministes réellement désirables? Nourrie notamment de l’ouvrage de Myriam Bahaffou, Éropolitique. Écoféminismes, désirs et révolution, cette discussion inaugurale propose de replacer le désir au coeur des luttes, de retrouver une puissance sensible, collective et politique, capable de nous relier aux autres, au vivant en opposant au « désir-conquête » et de consommation une ouverture au plaisir, à la beauté et à la prolifération de la vie.
Invitée·x·s:
Myriam Bahaffou (FR) termine un doctorat en philosophie et en études féministes à l’Université Picardie Jules Verne et à l’Université d’Ottawa sur les liens entre spécisme et colonisation sous la modernité. Elle est l’autrice de deux ouvrages qui ont contribué à façonner le paysage écoféministe en France, en Belgique, en Suisse ou au Québec: Des paillettes sur le compost. Écoféminismes au quotidien (2022) et Éropolitique. Écoféminismes, désirs et révolution (2025), tous deux parus au Passager Clandestin; elle a co-dirigé le recueil L’écoféminisme en défense des animaux (Cambourakis, 2024). Elle s’intéresse aux écologies minoritaires et, récemment, à leur traitement de l’érotisme, qu’elle considère être un aspect essentiel du capitalisme contemporain et de la fascisation des esprits, tout autant qu’un moteur social révolutionnaire.
Vanessa Cojocaru (CH) est militante féministe, designer et artiste. Elle est la fondatrice de Tea Room, projet événementiel et podcast consacré aux enjeux féministes en Suisse et à la mise en lumière des femmes et minorités de genre dans le milieu culturel. Elle mène un travail de recherche artistique entre la Suisse et la Roumanie autour de son histoire familiale et des traces laissées par les violences politiques. Avec Lila, projet mêlant écriture et photographie, elle explore les mémoires de sa grande-tante, incarcérée dans les prisons roumaines dans les années 1950, et les voix d’autres femmes qui y ont été détenues. En 2025, elle confonde DAS · WAS (Dignité Action Solidarité), collectif fribourgeois de gauche radicale qui entend faire entrer les revendications militantes de terrain dans la politique institutionnelle. Elle est élue au Conseil général de la Ville de Fribourg.
Sarah Gamrani (FR) est une artiste pluridisciplinaire qui aime explorer dans toutes les directions. Elle revendique le droit d’additionner les pratiques artistiques: le chant, le mix et la production musicale en duo, Pureblast, ou dans son projet solo, sa+ga, ou encore l’écriture avec au-delà du club, une collective féministe de recherche autour des enjeux des musiques électroniques et actuelles. Elle est co-rédactrice en cheffe de la revue Flashes: paroles et images pour réinventer les nuits, aux côtés de Laure Togola, éditée par la collective. Elle est aussi membre de l’initiative Réinventer la Nuit et a co-écrit l’étude Briser le cercle visant à visibiliser et analyser le continuum des violences sexistes, sexuelles et discriminatoires dans l’industrie musicale.
Modération:
Inès El-Shikh (CH) est autrice, podcasteuse et militante féministe et antiraciste. Elle travaille entre création et engagement, où elle explore l’infraction des rapports de pouvoir dans les trajectoires de vies. Pour le théâtre, elle signe le texte de Tituba, adapté du roman de Maryse Condé en 2020 et Je remplis l’espace et il me répond en 2026. Elle co-anime depuis 2024 Encore un podcast de gauchos, une émission bimensuelle qui traite de l’actualité sous une perspective anticapitaliste et décoloniale.
Avec le soutien de la Ville de Genève.
Il est toujours mieux d’arriver à l’heure. Par respect pour les intervenant·e·x·s, nous fermerons l’accès au public 15 minutes après le début de la discussion.
