Le Baromètre
Les Créatives vous proposent de prendre le pouls de votre environnement professionnel en matière d’égalité de genre!
Agissant comme un baromètre inspiré du Carnet rose, ces 12 questions, pensées avec l’illustratrice et adjointe scientifique Emma Serafin, concernent en particulier les milieux artistiques et culturels mais encouragent une prise de conscience transversale sur ces enjeux.
Pour aller plus loin, parcourez notre offre d’ateliers.
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1. Avez-vous déjà observé dans votre structure: (plusieurs réponses possibles)
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Le harcèlement sexiste et sexuel regroupe des comportements imposés et non souhaités à caractère sexiste ou sexuel (remarques, gestes, pressions) qui portent atteinte à la dignité ou créent un climat inconfortable.
Un seul acte peut suffire.
2. Comment décririez-vous la dynamique de prise de parole lors des réunions dans votre institution?
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Certaines dynamiques passent facilement inaperçues: interruptions, idées reprises sans crédit, écoute inégale.
Le manterrupting, c’est cette tendance à couper plus souvent la parole aux femmes. Souvent sans s’en rendre compte. Souvent de manière répétée.
Si certaines phrases commencent régulièrement par « je te coupe juste deux secondes… », ça vaut la peine de tendre l’oreille.
3. Est-ce que les questions de genre et de discrimination sont abordées dans votre institution?
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Quand on n’en parle pas… ça ne disparaît pas. Ça devient juste plus difficile à nommer (et à contester).
Mettre des mots et créer des espaces de discussion, c’est déjà commencer à agir.
4. Selon vous, les postes de direction et de décision dans votre institution sont-ils répartis de façon égalitaire?
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Dans le secteur culturel, les postes les plus visibles et les mieux dotés restent majoritairement occupés par des hommes.
Plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes et de minorités de genre. C’est le fameux « plafond de verre » (et il est plutôt solide…).
5. Observez-vous une répartition genrée des métiers dans votre structure?
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Certains métiers restent socialement associés à des rôles genrés, par exemple: administration, communication ou médiation davantage féminisés; programmation, technique ou direction davantage masculinisés, parfois sans que cela soit explicitement formulé.
Cette répartition des rôles influence le partage du pouvoir décisionnel, la visibilité des personnes au sein de la structure, ainsi que la valorisation et la reconnaissance de certains métiers.
6. La programmation artistique de votre institution vous paraît-elle égalitaire?
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Il est difficile de définir ce qu’est une programmation artistique égalitaire. Cela doit tenir compte de nombreux éléments. Quoi qu’il en soit, toutes disciplines confondues, les femmes et minorités de genre sont moins représentées, en particulier dans les rôles de création et de direction.
7. Votre institution suit-elle ces données de manière régulière (par exemple via des statistiques ou un bilan annuel)?
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Ce qui n’est pas mesuré reste souvent très discret… Et ce qui reste discret change rarement tout seul.
Afin de comprendre leurs pratiques, certaines institutions mettent en place des indicateurs de genre et de diversité ou des objectifs de parité comme des quotas.
8. Dans quelle mesure les modalités de travail dans votre institution (horaires, réunions, événements, disponibilité attendue) tiennent-elles compte des contraintes de vie privée (parentalité, proches aidant·e·x·s, etc.)?
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Les rythmes de travail dans le secteur culturel peuvent être exigeants (horaires étendus, soirées, déplacements).
Ces conditions n’affectent pas tout le monde de la même manière, notamment les personnes ayant des responsabilités de soin (parentalité, proche-aidant·e·x, etc.).
Sans adaptation du cadre de travail, certaines trajectoires professionnelles deviennent plus difficiles à atteindre et à maintenir.
9. Selon vous, les règles concernant les salaires et la répartition des ressources (budgets, cachets, rémunérations) sont-elles clairement définies et transparentes au sein de votre institution?
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En Suisse, des écarts de salaire, à conditions comparables, persistent entre femmes et hommes (cf. Office fédéral de la statistique).
La transparence salariale permet de rendre visibles d’éventuels écarts et d’ouvrir la discussion. Il s’agit d’un premier levier d’action.
10. Votre institution a-t-elle déjà analysé l’utilisation de ses ressources financières sous l’angle du genre?
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La budgétisation sensible au genre intègre une perspective d’égalité de genre à toutes les étapes du cycle budgétaire (formulation, exécution, audit). Elle permet de révéler:
- quels projets sont soutenus;
- quels profils sont financés;
- quels besoins sont pris en compte.
Cette approche permet de rendre visible des déséquilibres souvent implicites, comme ce calculateur qui intègre notamment les frais de garde dans les budgets: https://kalkulator.femaleact.ch/
11. De quels espaces, dispositifs ou ressources disposez-vous dans votre institution pour soutenir les personnes confrontées à des discriminations?
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Mettre en place des dispositifs internes contribue à renforcer la confiance dans l’institution. Ils offrent des espaces sûrs, confidentiels et accessibles pour écouter, accompagner et traiter des situations de discrimination.
Dans le secteur culturel, des ressources externes existent également:
- Arts_sainement agit pour des environnements de travail plus sains dans le milieu artistique, via de la sensibilisation et des outils de prévention.
- Safe Spaces Culture propose des dispositifs d’écoute et d’orientation ainsi qu’un accompagnement confidentiel via une cellule ressource et une personne de confiance externe.
- Art+Care est un réseau d’échange entre personnes issues des arts de toute la Suisse au sein duquel des stratégies alliant travail artistique et travail du care sont partagées.
12. Pensez-vous que votre institution dispose aujourd’hui des outils nécessaires pour prévenir ces discriminations?
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La prévention repose sur des outils concrets: chartes, formations, procédures. Ces cadres permettent de rendre explicites des règles souvent implicites et de soutenir une action collective.
Les ateliers Carnet Rose (2h ou 4h) proposent un espace pour décortiquer ces questions et d’autres encore, partager des expériences et repartir avec des outils concrets.
Pour passer du constat… à l’action!
Illustrations: ©Emma Serafin
